Les réseaux sociaux - Exercices¶
Exercice 1 - Définitions¶
Répondre en une phrase à chaque question.
a. Qu'est-ce qu'un réseau social ?
Correction
Un réseau social est une plateforme en ligne permettant à ses utilisateurs de créer un profil, de se connecter avec d'autres personnes et de partager du contenu (textes, photos, vidéos...) autour de centres d'intérêt communs.
b. Quelle est la différence entre identification et authentification ?
Correction
L'identification consiste à déclarer son identité (par exemple saisir son nom d'utilisateur), tandis que l'authentification consiste à prouver cette identité (par exemple entrer son mot de passe ou utiliser son empreinte digitale).
c. Qu'est-ce que l'identité numérique ?
Correction
L'identité numérique est l'ensemble des traces laissées par une personne sur le Web : profils, publications, commentaires, photos, vidéos, pseudonymes, données de navigation, etc.
d. Expliquer le phénomène de « bulle de filtre ».
Correction
La bulle de filtre est le phénomène par lequel les algorithmes des réseaux sociaux proposent à l'utilisateur du contenu qui confirme ses opinions et centres d'intérêt existants. Cela peut l'enfermer dans un entre-soi où il n'est plus confronté à des points de vue différents, renforçant ainsi les préjugés.
e. Quelle est la différence entre un graphe orienté et un graphe non orienté ? Donner un exemple de réseau social pour chaque type.
Correction
Dans un graphe non orienté, la relation est réciproque : si A est relié à B, alors B est relié à A (exemple : Facebook, où l'amitié est mutuelle). Dans un graphe orienté, la relation peut être à sens unique : A peut suivre B sans que B suive A (exemple : X/Twitter ou Instagram, où l'on peut suivre quelqu'un sans être suivi en retour).
Exercice 2 - Graphe simple¶
On considère un réseau social de 5 personnes : Alice (A), Bob (B), Clara (C), David (D) et Emma (E).
Les relations d'amitié sont : A-B, A-C, B-C, B-D, D-E.
1. Dessiner le graphe correspondant. Combien y a-t-il de sommets ? D'arêtes ?
2. Calculer la distance entre chaque paire de sommets.
3. Calculer l'écartement de chaque sommet.
4. Déterminer le centre, le rayon et le diamètre du graphe.
Correction
1. Le graphe a 5 sommets et 5 arêtes.
2. Tableau des distances :
| A | B | C | D | E | |
|---|---|---|---|---|---|
| A | 0 | 1 | 1 | 2 | 3 |
| B | 1 | 0 | 1 | 1 | 2 |
| C | 1 | 1 | 0 | 2 | 3 |
| D | 2 | 1 | 2 | 0 | 1 |
| E | 3 | 2 | 3 | 1 | 0 |
3. Écartements :
- Écartement(A) = max(1, 1, 2, 3) = 3
- Écartement(B) = max(1, 1, 1, 2) = 2
- Écartement(C) = max(1, 1, 2, 3) = 3
- Écartement(D) = max(2, 1, 2, 1) = 2
- Écartement(E) = max(3, 2, 3, 1) = 3
4.
- Centre : B et D (écartement minimal = 2)
- Rayon : 2
- Diamètre : 3 (distance maximale, entre A et E, ou entre C et E)
Exercice 3 - Expérience de Milgram¶
1. Décrire en quelques phrases l'expérience de Milgram (1967) sur le « petit monde ».
2. Que signifie l'expression « six degrés de séparation » ?
3. Pourquoi cette distance est-elle encore plus courte sur les réseaux sociaux numériques ?
4. En 2016, Facebook a mesuré la distance moyenne entre ses utilisateurs. Quel résultat a été obtenu ?
Correction
1. En 1967, le psychologue Stanley Milgram a envoyé 296 lettres à des personnes choisies au hasard au Nebraska et au Kansas, en leur demandant de les faire parvenir à une personne cible à Boston, en les transmettant uniquement à une connaissance personnelle susceptible de se rapprocher de la cible. En moyenne, les lettres arrivées à destination sont passées par six intermédiaires.
2. L'expression signifie que deux personnes prises au hasard dans le monde sont reliées par une chaîne d'au plus six relations de connaissance. Autrement dit, le diamètre du graphe social de l'humanité serait d'environ 6.
3. Sur les réseaux sociaux numériques, la distance moyenne est encore plus courte (environ 3 à 4 intermédiaires) car : (1) les plateformes facilitent la création de liens avec des personnes éloignées géographiquement ; (2) les algorithmes suggèrent des amis d'amis, multipliant les connexions ; (3) certains utilisateurs très connectés (célébrités, influenceurs) servent de « ponts » entre communautés éloignées.
4. En 2016, Facebook a mesuré que deux utilisateurs quelconques de son réseau (près de 1,6 milliard de personnes) étaient séparés en moyenne par 3,57 intermédiaires seulement. Le phénomène du « petit monde » est donc encore plus marqué sur les réseaux sociaux numériques.
Exercice 4 - Données personnelles¶
1. Lister au moins cinq types de données personnelles que l'on fournit lors de l'inscription à un réseau social.
2. Citer trois types de données collectées par les réseaux sociaux sans que l'utilisateur les fournisse explicitement.
3. Expliquer pourquoi la phrase « Si c'est gratuit, c'est vous le produit » s'applique aux réseaux sociaux.
Correction
1. Données fournies à l'inscription : nom et prénom, date de naissance, adresse email, numéro de téléphone, photo de profil, genre, ville de résidence, centres d'intérêt.
2. Données collectées implicitement : la géolocalisation (position GPS), l'historique de navigation (pages visitées, temps passé), les contacts du répertoire téléphonique (si l'application y a accès).
3. Les réseaux sociaux sont gratuits pour les utilisateurs, mais ils génèrent des revenus énormes grâce à la publicité ciblée. Les données personnelles des utilisateurs (profil, comportement, centres d'intérêt) sont analysées et vendues sous forme de profils publicitaires aux annonceurs. L'utilisateur n'est donc pas le client du réseau social, il en est le produit : ce sont ses données qui sont monnayées.
Exercice 5 - Paramètres de confidentialité¶
Un élève vient de créer son compte sur un réseau social. Quels paramètres lui conseillez-vous de vérifier et modifier pour protéger sa vie privée ? Justifier chaque conseil.
Correction
Conseils à donner :
-
Profil en mode privé (visible uniquement par les amis) : empêche les inconnus d'accéder à ses informations personnelles et photos.
-
Désactiver la géolocalisation : évite que sa position soit visible sur ses publications, ce qui pourrait indiquer son adresse ou ses habitudes de déplacement.
-
Activer la double authentification (mot de passe + code SMS) : protège le compte contre le piratage, même si le mot de passe est compromis.
-
Vérifier les autorisations des applications tierces : certaines applications connectées au réseau social peuvent accéder à des données sensibles.
-
Limiter les cookies tiers et le suivi publicitaire dans les paramètres : réduit le pistage de la navigation d'un site à l'autre.
-
Ne pas partager ses informations sensibles (numéro de téléphone, adresse, lycée) dans la section "À propos" publique.
Exercice 6 - Cyberviolence¶
1. Définir le cyberharcèlement et citer trois formes de cyberviolence.
2. Quelles sanctions sont prévues par l'article 222-33-2-2 du Code pénal pour le harcèlement ?
3. Que doit faire une victime de cyberharcèlement ? Citer les numéros d'urgence.
4. Un élève partage dans un groupe de messagerie une photo humiliante d'un camarade. Un autre élève "like" la photo. L'élève qui a "liké" peut-il être considéré comme participant au cyberharcèlement ? Justifier.
Correction
1. Le cyberharcèlement consiste à envoyer de manière répétée des messages d'insultes, de menaces ou de moqueries via des outils numériques. Trois formes de cyberviolence : le flaming (messages violents), le dénigrement (atteinte à la réputation), l'outing (révélation d'informations privées sans consentement).
2. L'article 222-33-2-2 du Code pénal prévoit : 1 an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende pour le harcèlement de base ; 2 ans et 30 000 euros si une circonstance aggravante est présente (victime mineure, via Internet...) ; 3 ans et 45 000 euros si deux circonstances aggravantes sont réunies.
3. Une victime doit : ne pas répondre aux messages, faire des captures d'écran (preuves), en parler à un adulte de confiance, signaler le contenu sur la plateforme, et appeler les numéros d'urgence : 3018 (cyberharcèlement) ou 3020 (Non au harcèlement). Ces numéros sont gratuits, anonymes et confidentiels.
4. Oui, liker une photo humiliante peut être considéré comme une participation au harcèlement. La loi précise que le harcèlement peut être constitué « lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes ». Même un simple "like" contribue à la visibilité et à la diffusion du contenu blessant, et encourage la personne qui l'a publié.
Exercice 7 - QCM¶
Pour chaque question, indiquer la ou les bonnes réponses.
1. Les réseaux sociaux mettent en relation :
- a) uniquement des personnes qui se connaissent
- b) des inconnus liés par un loisir commun
- c) des inconnus tirés au hasard par des algorithmes
- d) des connaissances et des connaissances de connaissances
2. Le cyberharcèleur est :
- a) impossible à retrouver
- b) punissable par la loi
- c) passible de peine de prison
- d) tout utilisateur de réseaux sociaux
3. Les algorithmes des réseaux sociaux se servent :
- a) des informations des profils
- b) des "like" de nos amis
- c) des traces de nos navigations
- d) de nos commentaires
4. Le numéro d'urgence en cas de cyberviolence est :
- a) 112
- b) 18
- c) 119
- d) 3018
5. Lors de l'utilisation des réseaux sociaux, il est important de :
- a) réfléchir aux données divulguées lors de la création du compte
- b) choisir un mot de passe complexe
- c) réfléchir avec qui l'on veut partager une publication
- d) toutes les réponses précédentes
Correction
1. b) et d) - Les réseaux sociaux mettent en relation des personnes ayant des centres d'intérêt communs et des amis d'amis.
2. b) et c) - Le cyberharcèlement est puni par la loi (article 222-33-2-2 du Code pénal) et peut entraîner des peines de prison.
3. a), b), c) et d) - Les algorithmes exploitent toutes les données disponibles : profils, likes, navigation et commentaires.
4. d) 3018 - C'est le numéro vert dédié au cyberharcèlement (appel, chat, messagerie).
5. d) Toutes les réponses sont importantes pour protéger sa vie privée et sa sécurité sur les réseaux sociaux.
Exercice 8 - Droit à l'oubli¶
1. Qu'est-ce que le droit à l'oubli ?
2. Quelles sont les démarches possibles pour faire supprimer une information personnelle d'Internet ?
3. Quelle est la différence entre la suppression d'un contenu et son déréférencement ?
Correction
1. Le droit à l'oubli est le droit pour toute personne de demander la suppression d'informations personnelles la concernant sur Internet. En Europe, il est renforcé par le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données, en vigueur depuis 2018).
2. Les démarches possibles sont : (1) demander directement au site ou à la plateforme qui a publié l'information de la supprimer ; (2) demander aux moteurs de recherche le déréférencement de la page contenant l'information ; (3) en cas de refus, saisir la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) qui peut intervenir.
3. La suppression retire définitivement le contenu du serveur : la page n'existe plus. Le déréférencement retire le lien vers la page des résultats des moteurs de recherche, mais la page elle-même reste en ligne. Quelqu'un qui connaît l'URL exacte peut toujours y accéder. Le déréférencement est donc moins complet que la suppression.
Exercice 9 - Graphe de réseau social (Python)¶
On représente un petit réseau social par un dictionnaire Python où chaque clé est un utilisateur et chaque valeur est la liste de ses amis.
reseau = {
"Alice": ["Bob", "Clara"],
"Bob": ["Alice", "Clara", "David"],
"Clara": ["Alice", "Bob", "Emma"],
"David": ["Bob"],
"Emma": ["Clara"]
}
1. Écrire une fonction nb_amis(reseau, personne) qui renvoie le nombre d'amis d'une personne.
2. Écrire une fonction plus_populaire(reseau) qui renvoie le nom de la personne ayant le plus d'amis.
3. Écrire une fonction sont_amis(reseau, p1, p2) qui renvoie True si deux personnes sont amies, False sinon.
4. Écrire une fonction amis_communs(reseau, p1, p2) qui renvoie la liste des amis en commun entre deux personnes.
Correction
reseau = {
"Alice": ["Bob", "Clara"],
"Bob": ["Alice", "Clara", "David"],
"Clara": ["Alice", "Bob", "Emma"],
"David": ["Bob"],
"Emma": ["Clara"]
}
# 1. Nombre d'amis
def nb_amis(reseau, personne):
return len(reseau[personne])
# 2. Personne la plus populaire
def plus_populaire(reseau):
maximum = 0
personne_pop = ""
for personne in reseau:
if nb_amis(reseau, personne) > maximum:
maximum = nb_amis(reseau, personne)
personne_pop = personne
return personne_pop
# 3. Vérifier si deux personnes sont amies
def sont_amis(reseau, p1, p2):
return p2 in reseau[p1]
# 4. Amis en commun
def amis_communs(reseau, p1, p2):
communs = []
for ami in reseau[p1]:
if ami in reseau[p2]:
communs.append(ami)
return communs
# Tests
print(nb_amis(reseau, "Bob")) # 3
print(plus_populaire(reseau)) # Bob
print(sont_amis(reseau, "Alice", "David")) # False
print(amis_communs(reseau, "Alice", "Bob")) # ['Clara']
Exercice 10 - Calcul de distance dans un graphe (Python)¶
En utilisant le même dictionnaire reseau que l'exercice précédent, écrire une fonction distance(reseau, depart, arrivee) qui calcule la distance (plus court chemin) entre deux personnes du réseau en utilisant un parcours en largeur (BFS).
Correction
from collections import deque
reseau = {
"Alice": ["Bob", "Clara"],
"Bob": ["Alice", "Clara", "David"],
"Clara": ["Alice", "Bob", "Emma"],
"David": ["Bob"],
"Emma": ["Clara"]
}
def distance(reseau, depart, arrivee):
if depart == arrivee:
return 0
visites = {depart}
file = deque([(depart, 0)])
while file:
personne, dist = file.popleft()
for ami in reseau[personne]:
if ami == arrivee:
return dist + 1
if ami not in visites:
visites.add(ami)
file.append((ami, dist + 1))
return -1 # pas de chemin
# Tests
print(distance(reseau, "Alice", "David")) # 2
print(distance(reseau, "David", "Emma")) # 3
print(distance(reseau, "Alice", "Bob")) # 1
print(distance(reseau, "Alice", "Alice")) # 0
La fonction utilise un parcours en largeur (BFS) : on explore d'abord tous les amis directs (distance 1), puis les amis d'amis (distance 2), etc. Le premier chemin trouvé est garanti d'être le plus court.
🧪 Activité 1 - Modéliser son réseau d'amis¶
Objectif
Modéliser un réseau social réel sous forme de graphe, construire sa matrice d'adjacence et calculer ses propriétés.
Étape 1 : Choisir 8 à 10 personnes de votre entourage (amis, famille, camarades de classe). Anonymiser les noms en utilisant des lettres (A, B, C...) ou des pseudonymes.
Étape 2 : Pour chaque paire de personnes, indiquer si elles se connaissent (= sont reliées par une arête). Dessiner le graphe correspondant.
Étape 3 : Remplir la matrice d'adjacence du graphe (tableau de 0 et de 1).
Étape 4 : Calculer :
- La distance entre chaque paire de sommets.
- L'écartement de chaque sommet.
- Le diamètre, le centre et le rayon du graphe.
Étape 5 : Répondre aux questions :
- a. Qui est le "centre" du réseau ? Cette personne est-elle celle que vous auriez intuitivement désignée comme la plus sociable ou la plus "influente" du groupe ?
- b. Y a-t-il des personnes "isolées" (peu de connexions) ? Que représente leur écartement ?
- c. Quel est le diamètre de votre graphe ? Est-ce cohérent avec la théorie du petit monde ?
Correction
Il n'y a pas de correction unique puisque chaque élève travaille sur son propre réseau. Voici les critères d'évaluation :
- Le graphe comporte bien 8 à 10 sommets et les arêtes correspondent aux relations réelles.
- La matrice d'adjacence est symétrique (graphe non orienté) avec des 0 sur la diagonale.
- Les distances sont correctement calculées (plus court chemin entre chaque paire).
- L'écartement de chaque sommet est bien le maximum des distances depuis ce sommet.
- Le centre est bien le(s) sommet(s) d'écartement minimal, le rayon est cet écartement minimal, le diamètre est la plus grande distance du graphe.
- Les réponses aux questions montrent une compréhension des notions : le centre est la personne la mieux placée pour atteindre tout le monde, l'écartement élevé signifie une position "périphérique", un petit diamètre confirme l'effet "petit monde".
🧪 Activité 2 - Les 6 poignées de main¶
Objectif
Vérifier expérimentalement la théorie des six degrés de séparation.
Le défi : Trouver un chemin en 6 étapes maximum entre vous et une célébrité (par exemple, le Président de la République, un sportif de haut niveau, un acteur...).
Règle : Chaque étape doit relier deux personnes qui se connaissent personnellement (pas simplement "suivre" sur un réseau social).
Étape 1 : Choisir une célébrité cible.
Étape 2 : Construire la chaîne de connaissances. Par exemple :
Moi → mon professeur de sport → l'entraîneur du club régional → un joueur professionnel → le sélectionneur national → le Président (remise de médaille)
Étape 3 : Représenter cette chaîne sous forme de graphe (chaîne de sommets reliés par des arêtes). Quelle est la longueur de la chaîne ?
Étape 4 : Comparer vos résultats avec ceux de la classe. Qui a trouvé la chaîne la plus courte ?
Conseils
- Pensez aux personnes de votre entourage qui ont des professions ou des activités les mettant en contact avec beaucoup de monde (enseignants, médecins, élus locaux, journalistes...).
- Certains maillons peuvent être supposés raisonnablement (un maire connaît le préfet, qui connaît le ministre...).
Correction
Il n'y a pas de correction unique. L'objectif est que les élèves constatent qu'il est souvent possible de relier deux personnes quelconques en moins de 6 étapes, confirmant ainsi l'intuition de Milgram.
Critères de réussite :
- La chaîne comporte au maximum 6 intermédiaires.
- Chaque lien est plausible (les deux personnes se connaissent réellement ou de manière vraisemblable).
- L'élève est capable d'expliquer le lien avec la théorie des six degrés de séparation et le phénomène du « petit monde ».
- Bonus : l'élève fait le lien avec les résultats de Facebook (3,57 en moyenne en 2016).
🧪 Activité 3 - Frise chronologique des réseaux sociaux¶
Objectif
Situer les réseaux sociaux dans leur contexte historique en construisant une frise chronologique.
Travail en groupes de 3 à 4 élèves.
Étape 1 : Sur une grande feuille (format A3 ou plus) ou à l'aide d'un outil numérique, tracer un axe chronologique de 1995 à aujourd'hui.
Étape 2 : Placer sur la frise les réseaux sociaux suivants avec leur date de lancement :
| Réseau social | Date |
|---|---|
| Classmates | 1995 |
| SixDegrees | 1997 |
| Myspace | 2003 |
| 2003 | |
| 2004 | |
| YouTube | 2005 |
| Twitter (aujourd'hui X) | 2006 |
| 2009 | |
| 2010 | |
| Snapchat | 2011 |
| TikTok | 2016 |
Étape 3 : Ajouter sur la même frise des événements historiques ou technologiques marquants pour contextualiser. Par exemple :
- 1998 : création de Google
- 2001 : Wikipédia
- 2007 : premier iPhone
- 2010 : printemps arabe (rôle des réseaux sociaux)
- 2012 : rachat d'Instagram par Facebook
- 2014 : rachat de WhatsApp par Facebook
- 2016 : rachat de LinkedIn par Microsoft
- 2018 : entrée en vigueur du RGPD
- 2020 : pandémie de Covid-19 (explosion de l'usage des réseaux sociaux)
Étape 4 : Répondre aux questions :
- a. Quels sont les deux premiers réseaux sociaux de l'histoire ? En quoi étaient-ils différents des réseaux actuels ?
- b. Quel réseau social domine le paysage actuel ? Quels autres réseaux appartiennent au même groupe (Meta) ?
- c. Quels événements historiques ont été marqués par le rôle des réseaux sociaux ?
Correction
a. Les deux premiers réseaux sociaux sont Classmates (1995), qui permettait de retrouver d'anciens camarades de classe, et SixDegrees (1997), le premier à permettre la création d'un profil et d'une liste d'amis. Ils étaient beaucoup plus simples que les réseaux actuels : pas de fil d'actualité, pas de partage de médias, pas d'algorithmes de recommandation, pas d'application mobile.
b. Facebook (devenu Meta en 2021) domine le paysage avec environ 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels. Le groupe Meta possède aussi Instagram, WhatsApp et Messenger, soit au total plusieurs milliards d'utilisateurs dans le monde.
c. Parmi les événements marqués par les réseaux sociaux : le printemps arabe (2010-2011, coordination des manifestants via Facebook et Twitter), les élections américaines de 2016 (rôle controversé de Facebook dans la diffusion de fausses informations), la pandémie de Covid-19 (2020, explosion de l'usage des réseaux pour maintenir le lien social pendant les confinements, mais aussi diffusion de désinformation sur le virus).
🧪 Activité 4 - Étude de cas : cyberviolence¶
Objectif
Analyser des situations de cyberviolence, identifier les infractions commises, les peines encourues et les recours possibles.
Pour chaque scénario, répondre aux questions suivantes :
- Quelle(s) forme(s) de cyberviolence sont en jeu ?
- Quelle(s) infraction(s) pénale(s) sont commises ?
- Quelles peines sont encourues (en tenant compte des circonstances aggravantes) ?
- Quels recours la victime peut-elle utiliser ?
Scénario A¶
Léa, 14 ans, reçoit chaque jour depuis trois semaines des messages insultants sur Instagram de la part de trois camarades de sa classe de Seconde. Les messages se moquent de son physique. Léa n'ose plus aller au lycée.
Correction
Forme de cyberviolence : cyberharcèlement (messages répétés d'insultes).
Infractions : harcèlement moral (article 222-33-2-2 du Code pénal).
Circonstances aggravantes : la victime a moins de 15 ans ; les faits sont commis par voie électronique ; les faits se déroulent dans le cadre d'un établissement scolaire. Trois circonstances aggravantes sont réunies.
Peines encourues : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende (deux circonstances aggravantes ou plus). Les auteurs ayant 14-15 ans sont pénalement responsables (responsabilité dès 13 ans), mais bénéficient de l'atténuation de peine pour les mineurs.
Recours pour Léa :
- Faire des captures d'écran de tous les messages (preuves).
- En parler à un adulte de confiance (parent, CPE, professeur).
- Signaler les comptes et messages sur Instagram.
- Appeler le 3018 (numéro dédié au cyberharcèlement).
- Déposer une plainte auprès de la gendarmerie ou du commissariat.
Scénario B¶
Karim filme avec son téléphone une bagarre entre deux élèves dans la cour du lycée. Il publie la vidéo sur Snapchat avec le commentaire « Trop drôle ». La vidéo est vue par 200 personnes en quelques heures.
Correction
Forme de cyberviolence : happy slapping (captation et diffusion d'une scène de violence).
Infractions : Karim commet deux infractions distinctes : (1) la captation d'images de violence (filmer l'agression) ; (2) la diffusion de ces images sur un réseau social. Même sans avoir participé à la bagarre, Karim est punissable.
Circonstances aggravantes : diffusion par voie électronique, dans un établissement scolaire.
Peines encourues : la diffusion d'images de violence est un délit passible de peines d'emprisonnement et d'amende.
Recours pour les victimes filmées :
- Demander le retrait de la vidéo à Karim et à Snapchat (signalement).
- Faire constater la publication par captures d'écran.
- Alerter la direction de l'établissement.
- Déposer une plainte.
Scénario C¶
Après une rupture, Nathan publie sur un groupe WhatsApp de la classe une photo intime de son ex-petite amie, Sophie. Plusieurs élèves la repartagent.
Correction
Forme de cyberviolence : sexting non consenti (diffusion d'images intimes sans accord).
Infractions : diffusion d'images à caractère sexuel sans le consentement de la personne représentée. Si Sophie est mineure, les faits sont encore plus graves (diffusion d'images de mineur à caractère pornographique).
Circonstances aggravantes : voie électronique, victime potentiellement mineure.
Peines encourues : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende pour la diffusion d'images intimes sans consentement. Les élèves qui ont repartagé la photo sont également passibles de poursuites.
Recours pour Sophie :
- Faire des captures d'écran (preuves).
- En parler immédiatement à un adulte de confiance.
- Appeler le 3018.
- Signaler le contenu sur WhatsApp pour demander sa suppression.
- Déposer une plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
- Demander à chaque personne ayant reçu l'image de la supprimer.
Attention
Les élèves qui ont repartagé la photo sont aussi responsables pénalement. Partager n'est pas un acte anodin : c'est une infraction à part entière.
🎯 Projet final - Charte numérique de la classe¶
Objectif
Rédiger collectivement une charte d'usage responsable des réseaux sociaux pour la classe.
Consignes¶
Travail en classe entière, guidé par le professeur.
Étape 1 - Réflexion individuelle (10 min) : Chaque élève note sur une feuille :
- Trois comportements positifs à adopter sur les réseaux sociaux.
- Trois comportements à éviter absolument.
- Un conseil qu'il ou elle donnerait à un camarade qui débute sur les réseaux sociaux.
Étape 2 - Mise en commun par groupes (15 min) : Par groupes de 4, les élèves comparent leurs réponses et rédigent 5 à 8 règles communes.
Étape 3 - Rédaction collective (20 min) : La classe entière se met d'accord sur une charte de 10 à 15 règles, organisée en catégories. Voici des catégories possibles :
- Ne jamais publier de contenu blessant, moqueur ou humiliant envers un camarade.
- Ne pas "liker" ni relayer un contenu qui nuit à quelqu'un.
- Soutenir les victimes de cyberharcèlement et signaler les contenus abusifs.
- Ne jamais partager les informations personnelles d'un camarade sans son accord.
- Vérifier les paramètres de confidentialité de ses comptes.
- Ne pas publier de photo ou vidéo de quelqu'un sans son consentement.
- Vérifier les informations avant de les partager (lutte contre la désinformation).
- Être conscient de l'existence des bulles de filtre.
- Ne pas confondre popularité en ligne et valeur personnelle.
- Se souvenir que tout ce qu'on publie laisse une trace durable (e-réputation).
- Connaître les lois qui s'appliquent en ligne (article 222-33-2-2 du Code pénal).
- Savoir à qui s'adresser en cas de problème (3018, 3020, adulte de confiance).
Étape 4 - Signature et affichage : La charte est mise au propre, signée par tous les élèves et affichée dans la salle de classe.
Correction
L'évaluation porte sur la qualité et la pertinence des règles proposées. Voici un exemple de charte :
Charte numérique de la classe de 2nde ...
Nous, élèves de la classe, nous engageons à respecter les règles suivantes dans notre usage des réseaux sociaux :
Respect et bienveillance
- Je ne publie jamais de message, photo ou vidéo qui pourrait blesser, moquer ou humilier un camarade.
- Je ne "like" pas et ne repartage pas un contenu qui nuit à quelqu'un.
- Si je suis témoin de cyberharcèlement, j'en parle à un adulte et je soutiens la victime.
Protection de la vie privée
- Je ne partage pas les informations personnelles d'autrui sans son accord explicite.
- Je ne publie pas de photo ou vidéo d'une personne sans son consentement.
- Je vérifie régulièrement les paramètres de confidentialité de mes comptes.
Esprit critique et responsabilité
- Je vérifie la fiabilité d'une information avant de la partager.
- Je suis conscient(e) que tout ce que je publie peut laisser une trace durable.
- Je connais mes droits et les lois qui s'appliquent en ligne.
En cas de problème
- Je sais que je peux appeler le 3018 ou le 3020, ou m'adresser à un adulte de confiance.
Date et signatures de tous les élèves.